Dans l’Orne, les fromages et la vente directe confortent la trésorerie d’une ferme
À Tinchebray-Bocage, dans l’Orne, la ferme de La Talboisière associe production laitière et fabrication de fromages. Selon le témoignage de Lucie Prunier recueilli par La France agricole, la transformation et la vente directe ont nettement conforté la trésorerie de l’exploitation. Cette activité s’inscrit dans un choix de spécialisation dans l’élevage, tout en conservant une livraison de lait à la coopérative.
Une gamme construite progressivement
Salariée de l’exploitation familiale depuis 2017, puis installée seule en 2023, Lucie Prunier a cédé 25 hectares lors de son installation pour réduire la place des cultures. Elle indique transformer 15 % de la production laitière de la ferme au moment du reportage.
Avant de créer son atelier, l’éleveuse a effectué des stages dans des fromageries fermières du Tarn-et-Garonne, de la Lozère et de l’Ain, et s’est formée à Aurillac. Le développement de la gamme s’est ensuite fait par étapes : le Bleu de Saint-Jean a été lancé en 2019, avec l’objectif de se différencier, puis le P’tit Michelot, à pâte molle et croûte lavée, en 2022. Le Foumaheut, à pâte mi-cuite, a complété l’offre en 2025.
Un atelier développé par étapes
Le reportage fait état de 90 000 litres transformés par an, avec des fabrications trois à cinq fois par semaine après la traite du matin. Les produits sont distribués hors grande distribution. L’espace de vente à la ferme sert également à préparer les commandes.
Aménagé et équipé progressivement, l’atelier est présenté comme étant en cours d’agrandissement, avec une surface prévue de 110 m² pour un investissement total de 100 000 euros. Lucie Prunier exprime aussi le souhait d’atteindre 110 000 litres annuels : il s’agit d’un objectif, et non du volume transformé constaté dans le reportage.
La transformation ne remplace pas la collecte laitière. L’exploitation produit également 600 000 litres livrés à Sodiaal. Le témoignage décrit ainsi une activité fromagère complémentaire, dont l’effet favorable sur la trésorerie est rapporté par l’éleveuse, sans fournir de résultat comptable propre à cet atelier.
Le pâturage et l’organisation du travail restent centraux
Le pâturage constitue l’autre pilier de la stratégie de La Talboisière. Lucie Prunier n’exclut pas de passer à la traite robotisée, mais pose comme condition de le maintenir. L’organisation repose aussi sur trois collaborateurs à temps complet. L’éleveuse intervient sur les différents ateliers et prend en charge l’administration ainsi que les rendez-vous.
Ce modèle reste exposé aux difficultés de l’élevage. Dans le bilan dressé pour l’année 2026, Lucie Prunier rapporte une chute de rendement de 30 % sur les ensilages liée à la sécheresse, ainsi qu’une baisse du prix du lait représentant une perte de 6 000 euros par mois. Son témoignage montre donc l’intérêt financier de la transformation et de la vente directe dans cette ferme, tout en décrivant les contraintes agricoles et humaines avec lesquelles cette activité doit composer.
Source : www.lafranceagricole.fr





